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Petit plaidoyer pour la descente en compétences : Le champ de la formation professionnelle, de l’éducation et plus généralement celui de l’emploi est depuis une vingtaine d’années gagné par la notion de compétences. Les compétences professionnelles, organisationnelles, techniques, gestionnaires aujourd’hui psycho-sociales, relationnelles ou encore émotionnelles sont autant de termes qui jalonnent et structurent le rapport aux activités chez les professionnels, enseignants, formateurs, chômeurs, élèves, stagiaires et apprenants. Tous sont sommés de « développer des compétences » au regard d’un référentiel de compétences. Pour cela, les choses étant bien faites, les acteurs (professionnels ou apprenants) bénéficient de grilles de compétences dans lesquelles se compilent des critères et des indicateurs permettant de jauger le niveau de compétences atteint ou à atteindre. Ces grilles ne se suffisant pas à elles-mêmes, les acteurs peuvent se trimballer avec un portefeuille de compétences, q
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Pourquoi la dénonciation de l’album « Tintin au Congo » relève-t-elle bien plus de la polémique ? Et pourquoi demeure-t-elle toujours aussi vive, saine et d’actualité ? L’histoire de l’album « Tintin au Congo » est vieille comme le monde, pourrait on dire. Depuis les années 1970, l’album est souvent discuté avec une intensité forte, il est souvent cité et fait l’objet de critiques quant aux idéologies qu’il véhicule. L’album paraît en 1931 dans un contexte social et politique dont on connaît les aspirations des puissances occidentales. Dans cet album, nous le savons, sont véhiculées des idées colonialistes et paternalistes qui supposent et affirment que les races inférieures, ici les populations noires, sont à civiliser, sont à dominer. On y rencontre des populations noires qui ne brillent pas par leur dynamisme, qui font preuve d’une remarquable fainéantise, on y voit également des populations dont l’ingéniosité technique et militaire laisse à désirer, d’où l’intervention salutair
Pourquoi est-il si important d’être seul(e) ? Nos sociétés développées sont pensées autour de notions telles que la famille, le collectif, le réseau ou encore la communauté. L’individu s’inscrit naturellement dans un environnement dans lequel il n’est pas seul et donc, dans lequel, il crée des liens sociaux avec d’autres. Ces liens permettent de développer des affects qui composent la vie d’un être humain et qui font corps. Ainsi, le corps social est traversé par des affects, des idées, des sentiments et chacun est amené à trouver sa place dans une communauté qui fait sens. Ce qui fait sens peut être défini de plusieurs manières, nous pouvons évoquer une communauté professionnelle dans laquelle se retrouvent des individus partageant un même intérêt pour un objet professionnel. On peut aussi évoquer le réseau qui permet de réunir des personnes ayant des points communs, on peut encore mentionner le collectif qui est un regroupement d’individus autour d’une cause commune, par exemple.
La salle de sport, laboratoire du capitalisme patriarcal : D evenues véritable phénomène de société, les salles de sport fleurissent notre quotidien et font partie intégrante du paysage citadin, au même titre que le supermarché, la banque ou encore la pharmacie. Elles se développent en Europe depuis une quinzaine d’années où différentes marques se battent pour obtenir le monopole du marché du fitness. En effet, ces salles de sport s’inscrivent dans le champ tendanciel, porteur et très lucratif du développement personnel dans lequel on peut regrouper la psychologie du bonheur, les ouvrages récurrents sur le développement de soi et plus généralement dans une certaine idéologie de l’individu « acteur de son changement ». En élargissant le point de vue, on pourrait même ajouter que ces salles de sport sont en adéquation totale avec l’idéologie néolibérale qui consiste à déstructurer les forces collectives pour les réduire à des fragments d’individus isolés et à qui l’on fait entendre que s
Le capitalisme des applis : Depuis plusieurs années se développe un certain nombre d’applications au bénéfice des possesseurs de smartphones. Ces applications sont censées faciliter le quotidien des usagers et permettent de répondre à des besoins divers et variés. On peut évoquer des besoins administratifs, des besoins d’informations, des besoins de communication, des besoins ludiques, des besoins bancaires, des besoins commerciaux ou encore des besoins de rencontres amoureuses, amicales ou sociales. Ainsi l’écran de nos smartphones déborde d’icônes relatives à des applications multiples. La possibilité d’avoir un accès direct, via son smartphone, à une icône nous donne le sentiment d’être au plus proche de nos besoins et de jouir d’une forme de contrôle sur nos vies . Ces applications se déclinent et se montrent sous leur meilleur jour avec l’idée de simplifier l’accès à certains contenus. Elles se veulent facile d’accès, elles sont plutôt ludiques, dynamiques et profitent d’une
La dimension patriarcale et sexiste du projet de loi immigration : Foncièrement raciste et xénophobe, empruntant à l’extrême droite son bagage idéologique jusqu’à en épouser le paradigme, ce projet de loi permettra d’expulser plus rapidement, de conditionner arbitrairement l’accès à certains droits sociaux aux personnes immigrées ou étrangères, d’instaurer des quotas migratoires, de faciliter l’éloignement des étrangers ou encore de durcir les conditions d’accès au séjour des étrangers malades… Outre ces dispositions, ce projet de loi immigration est aussi pensé selon des représentations sexistes. Existe l’idée qu’en repoussant l’étranger, le législateur protège les femmes de potentiels prédateurs. Il y a un consensus politique pour assimiler la figure de l’étranger ou de l’immigré à la rhétorique raciste du « sauvage », d’où la normalisation de l’expression d’ « ensauvagement » de la société, promulguée par l’extrême droite, reprise et banalisée par l’extrême centre. Cette figur
La sempiternelle critique de la société de consommation, une rhétorique qui se consomme comme du petit lait.  Les critiques sur le Black Friday vont bon train. Il est très tentant de s'en donner à cœur joie en se moquant de toutes ces personnes qui cèdent aux sirènes de la surconsommation. C'est facile, ça fait du bien et on jouit d'un sentiment de supériorité, nous qui ne baissons jamais notre pantalon… Sauf que, sauf que, la société de consommation que l'on aime à dénoncer à tout va, est avant tout une société qui produit de l'aliénation. Elle valorise une économie du désir qui consiste à faire intégrer dans les esprits que nous avons besoin des outils et des objets qui sont à notre disposition. Tout est pensé et tout est organisé autour de l'idée que nous avons besoin de ce que produisent nos marchands. Les espaces publics sont des espaces commerciaux qui participent de l'intériorisation du rôle de l'individu consommateur. Et quand bien même il n&